Repression policière dans les lycées
Repression policière dans les lycées
Le 6 janvier 2004 alors notre que nous étions sur le point de publier ce journal, nos confrères de Dessaignes et une bonne partie des collégiens et lycéens de France ont reçu les vux de Villepin qui leur a souhaité la bonne année en organisant la première « Journée de sécurisation nationale » (dixit Villepin ). Plusieurs centaines de policiers, ont organisé des fouilles dans les établissements scolaires à la recherche notamment de dérivés de cannabis. Les élèves ont été disposés en ligne et ont été contraints à vider le contenu de leur poches et de leur sacs qui ont ensuite été contrôlés par les policiers, quelque fois aidés de chiens. Si la drogue pose un gros problème pour la société, ceci est vraiment une action pour pénaliser les petits consommateurs, alors que les dealers courent toujours. En effet, les gros dealers vivent de leur commerce , et il est rare de trouver des gros dealers de moins de 16 ans, âge au dessous duquel léducation est obligatoire, sachant que les gros dealers nont pas besoin de faire détudes pour gagner beaucoup dargent, ils arrêtent lécole. Essayer de trouver des Al Capone dans un lycée, cest comme si on cherchait des SDF au lycée Saintes Maries à Blois.
Évidemment, nous navons pas la prétention de nous croire capable de remettre en cause les bases légales de ces actions, mais il nest pas besoin dêtre juriste pour se rendre compte que les sujets du journal de France 2 montrant notamment un policier repousser un collégien dà peine 12 ans en le touchant de sa matraque sont une atteinte à la liberté et à toute éthique!
Tous cela nest quune surenchère ridicule à la politique violente de Sarkozy (le travail quil a mené à bien a fait monter les violences policières) et à la loi Perben II* destinée à affirmer le dynamisme de ce gouvernement et de Celui à qui il obéit. Une chose est sûre, cest que de telles actions sont révélatrices de lincapacité totale de M. de Villepin à faire face à une situation certes difficile mais qui ne peut pas justifier lemploi dune telle violence. Le problème ne vient pourtant pas dune incapacité policière mais plutôt dune trop forte exposition à la violence, soit des jeunes, soit de la société; en aucun cas on ne pourra le résoudre par loppression. Parmi les jeunes qui ont été fouillés, certains nont même pas treize ans (âge de laccès à la responsabilité pénale) et beaucoup, malgré leur majorité ne semblent pas être des citoyens à part entières. Une action telle que celle là aurait-elle été possible dans un bureau de poste ? Pourtant le problème nest pas de savoir si les jeunes sont visés simplement parce quils sont jeunes mais plutôt comment est-il possible de sen prendre ainsi à toute une classe dâge. En dehors des raisons de toute évidence démagogiques de la politique de spectacle gouvernementale, la réponse est presque aussi surprenante que décevante: la réaction dans notre lycée est à limage de la réaction à léchelle nationale : inexistante . Et encore, il nest même pas question denvisager des actions concrètes, la norme semble être une vague et brève protestation. Mépriser la liberté, nest-ce pas mépriser tout le monde et soi même avant tout ? On ne peut que constater que la liberté a reculé ce 6 janvier 2005; qui dentre vous, avant, aurait pensé que la police pourrait faire ça ? (en dehors des feuilletons policiers !!) Nous vivons dans une démocratie, nous ne devons pas lutter contre létat, mais le contrôler! Avant de tenter un coup détat, commencez tout de même par exprimer votre opinion!!!! Encore faut-il en avoir une Avant de vous souhaiter une bonne année, je vous rappelle quil est probable que la prochaine journée de ce type promise par notre cher Ministre de lIntérieur vous permettra dexpérimenter par vous même ce qui signifie lexpression « fouille policière » . Bonne année!
*Loi Perben II: garde à vue de 96 heures, le stationnement sous un porche peut être condamné pour association de malfaiteurs, tous comme le vol de bonbons par des enfants au supermarché qui pourrait être condamné pour vol en bande organisée.